L'été nous a éprouvé durement. Notre Marilou adorée est décédée après 3 semaines durant lesquelles nous avons tenté de la sauver.En dernier recours, nous avons dû nous tourner vers l'euthanasie. Nous avons fait authopsier son petit corps afin de voir ce qui avait pu avoir raison de notre poupoune. Le verdique est tombé le 20 août: Le syndrôme de dylatation du proventricule. Tout au long de la maladie de Marilou nous envisagions cette possibilité étant donné la nature des symptômes. Il nous restait quand même des doutes puisque nous nous étions aperçu que Marilou avait ingurgité du bois. Elle en avait dans ses régurgitations, mais ses radiographies étaient belles et ne démontraient aucune obstruction. Le PDD peut souvent être confondu avec d'autres pathologies, empoisonnement, infections bactériennes, obstruction par un corps étranger. On l'envisage souvent en dernier recours quand les autres possibilités ont été écartées.
Marilou avait des problèmes pulmonaires, son système immunitaires était affaibli et en a été la porte d'entrée. Le stress a joué un rôle quant à lui comme élément déclencheur à l'apparition des premiers symptômes de la maladie. En effet, c'est 2 semaines après la prise de radiographies pour évaluer la condition de son système respiratoire que tout à commencé. Les vomissements ont été les premiers à faire leur apparition, puis le système digestif a pratiquement cessé de fonctionner. Elle a commencé à perdre du poids de façon dramatique. Malgré tout un cocktail de médicaments et nos soins constants, son état ne s'est jamais amélioré pour nous donner au moins l'espoir qu'elle avait des chances de s'en remettre. Il n'y avait aucun doute que son état était très avancé. Elle était très maigre et affaiblie, mais encore adorable et très combative. Je sentais chez elle une volonté de vivre. C'est pour cela que ma décision de mettre un terme à ses souffrances a été si déchirante. Je crois que nous ne voulions pas nous quitter l'une l'autre. Avec le recule, c'était la meilleure décision à prendre pour Marilou puisqu'elle ne s'en serait pas sortie et aussi pour les 9 autres oiseaux de la maison.
Je vis maintenant avec cette perte, cette absence et aussi en me disant qu'il faut que je profite à chaque instant de la présence de mes amours à plumes. Cette maladie est terrible! Elle dévaste le corps de façon foudoyante. Personne n'en est à l'abris, elle peut incuber de 3 mois à plusieurs années. Elle frappe de façon alléatoire. Il y a bien un teste qui a fait son apparition, mais il n'est pas encore au point, il donne de faux résultats. Les chercheurs travaillent très forts pour le perfectionner et le rendre sécuritaire. Peut-être qu'un jour mes autres oiseaux pourront en bénficier et que leur vie pourra être épargnée. Je le souhaite de toutes mes forces.
Pour le moment j'essaie de vivre le deuil de Marilou de mon mieux. J'ai fait incinérer son corps et chaque soir, j'allume une bougie près de son urne et de sa photo. Elle me manque tellement! Je n'imagine pas encore le reste de ma vie sans elle, sans son amour et sa présence particulière.
Cette maladie est un sujet tabou chez la plupart des amateurs d'oiseaux. Elle fait peur et s'est compréhensible. Ce qui est le plus surprenant, c'est que même chez les vétérinaires aviaires, elle fait peur et je crois que l'on préfère la passer sous silence. Je me suis fait conseiller de ne pas en parler, de garder le silence afin d'éviter les jugements d'autrui. Mais sincèrement, je crois que Marilou comme tous les autres oiseaux décédés de cette maladie, ne méritent pas de somber dans l'oubli. Marilou était un amour, un ange, cette maladie a envahie son corps, ce n'est pas sa faute. Elle n'était pas que cette maladie. Elle existait avant cela, avec sa personnalité incroyable et sa capacité à aimer de façon illimité.
Mon mari et moi aussi ne méritons pas cela, nous n'avons rien fait de mal, nous sommes totalement dévoués à nos oiseaux. cela fait 8 ans que je n'ai pas pris de vacances, tout mon amour, mon argent, mon temps, c'est pour eux. Et, je le fais sans regret, avec bonheur, car je sais qu'ils en vallent la peine. C'est en parlant de cette maladie que l'on pourra un jour arriver à freiner sa progression, car elle est beaucoup plus courante que l'on peut l'imaginer. Elle ne sera bientôt plus un cas d'exception. Le seul conseil que je peux vous donner c'est de faire autopsier vos oiseaux losqu'un décès survient et ce, même si c'est coûteux. Cela permet d'avoir l'heure juste et de pouvoir prendre des décisions éclairées et responsables surtout quand on a d'autres oiseaux à la maison.
L'espoir demeure la recherche. En souhaitant maintenant que nos amours à plumes auront la chance d'avoir une longue vie sans rencontrer à nouveau sur leur route cette terrible maladie.
Natacha Aras, Le sanctuaire 24 septembre 2010
À la mémoire de Marilou Goupil, née de 17 décembre 2001 et décédée le 3 août 2010 du PDD
